Avec près de 5 millions de logements pouvant être considérés comme passoires thermiques, la France dispose d’une marge de progression en matière de performance thermique de ses logements anciens. Le gouvernement a décidé de faire de la lutte contre les passoires thermiques l’une des ses priorités, notamment dans le cadre de la loi de transition énergétique. Toutefois, l’annonce des mesures annoncées n’a pas uniquement une incidence sur la protection de l’environnement, elle impacte aussi directement les personnes vivant dans ces logements énergivores et leurs propriétaires.

 

Passoire thermique : De quoi s’agit-il ?

 

On appelle passoires thermiques les logements dont la consommation énergétique par mètre carré et par an est supérieure à 330 kWh. Il s’agit donc des logements notés F ou G dans le cadre du diagnostic de performance énergétique (DPE).

Comment identifier une passoire thermique ?

 

Pour identifier une passoire thermique, il faut se référer au DPE. Pour rappel le diagnostic de performance énergétique mesure deux éléments concernant un appartement ou une maison :

  • la consommation énergétique qui est notée de A à G et qui correspond à l’étiquette énergie ;
  • la quantité d’émissions de gaz à effet de serre qui est notée de A à G et qui correspond à l’étiquette climat.

Le DPE doit être réalisé par un professionnel agréé.

A compter du 1er juillet 2021, le DPE sera opposable, c’est-à-dire qu’il sera possible pour un locataire ou un acquéreur de le contester en justice en engageant la responsabilité du bailleur ou de l’ancien propriétaire en cas de manquement ou d’erreur, afin de voir réparer son préjudice.

Passoire thermique : Quelles conséquences ?

 

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Les passoires thermiques sont énormément énergivores. Cela pèse lourdement sur le budget des habitants qui doivent régler des factures d’électricité et/ou de gaz très importantes pour parvenir à chauffer leur logement. On estime que grâce à la réalisation de travaux énergétiques, ces foyers pourraient économiser jusqu’à 100 euros par mois sur leurs dépenses en énergie.

De plus, le confort des habitants est largement dégradé puisqu’ils ne peuvent pas chauffer correctement leur appartement ou leur maison.

D’autre part, cette consommation excessive d’énergie nuit à l’environnement. En effet, elles augmentent l’empreinte carbone du logement en nécessitant plus d’énergie qu’elles ne le devraient.

Comment lutter efficacement contre les passoires thermiques ?

 

La lutte contre les passoires énergétiques ne passe pas seulement par la réalisation de travaux d’isolation, elle passe aussi par le remplacement du système de chauffage. Une réhabilitation globale est nécessaire.

La première étape est donc de demander un audit énergétique du logement. Cela permet d’identifier si vous êtes bien en présence d’une passoire thermique, mais également de localiser les ponts thermiques. Ce sont ces zones qui laissent échapper la chaleur.

Selon l’Ademe, les déperditions de chaleur proviennent à 30 % des toits, à 25 % des murs et à 15 % des fenêtres dans les logements construits avant 1974.

Ensuite, les particuliers peuvent faire réaliser les travaux d’isolation adéquats. Il peut s’agir d’une isolation des combles, du sol ou des murs, par l’intérieur ou l’extérieur. Cela peut également passer par un changement des ouvrants au profit d’une solution mieux isolée comme le double vitrage.

Dans tous les cas, il est préférable de faire réaliser les travaux par un professionnel certifié RGE. En effet, c’est l’une des conditions communes à toutes les demandes d’aide que pourraient faire les clients particuliers.

Les différentes aides possibles pour financer les travaux de rénovation thermique

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Les personnes vivant dans des passoires thermiques sont généralement des personnes dont les revenus ne permettent de réaliser d’importants travaux de rénovation énergétique. C’est pourquoi plusieurs dispositifs d’aides financières ont été mis en place pour faciliter l’accès à ce type de travaux et agir efficacement contre les passoires thermiques.

Les principales aides pour financement les travaux de rénovation thermique sont :

  • Ma Prime Rénov’ qui remplace le crédit d’impôt pour la transition énergétique ;
  • le chèque énergie pour les foyers aux revenus modestes qui est cumulable avec Ma Prime Rénov’ ;
  • la prime Coup de pouce économies d’énergie qui peut venir en complément des deux premiers dispositifs jusqu’au 31 décembre 2021 pour les personnes en situation de précarité énergétique ;
  • l’éco-prêt à taux zéro qui est réservé aux résidences principales achevées avant le 1er janvier 1990 ;
  • la réduction d’impôt Denormandie qui s’adresse aux logements situés dans certains périmètres géographiques limitativement énumérés par la loi ;
  • la TVA au taux réduit de 5,5 % ;
  • les aides d’organismes privés.

 

Le gouvernement s’est saisi de la problématique des passoires thermiques. Dès le 1er janvier 2023, les logements classés G par le DPE seront interdits à la location. C’est pourquoi, les propriétaires et notamment les bailleurs, devraient anticiper ces évolutions réglementaires en faisant réaliser un DPE, puis en effectuant les travaux de rénovation énergétique si besoin.