A 100 jours de la Cop 21, l’architecte Vincent Callebaut était l’invité de Caroline Roux sur Europe 1. Cet architecte visionnaire travaille sur les villes amphibies, conçues pour proposer une solution d’accueil aux réfugiés climatiques. Visionnaire ou utopique, Lilypad est une incroyable ville flottante de 500 000 Km2 conçue pour accueillir 30 000 réfugiés climatiques. Explications.

 

Une ville inspirée d’un nénuphar géant

Étudiés aux Nations unies et au parlement européen, Lilypad est un projet sérieux de cité flottante et autosuffisante. Inspirée des romans de Jules Verne, elle offre une solution aux réfugiés environnementaux, « c’est à dire à ceux qui seront obligés de quitter leurs terres suite aux dérèglements climatiques, à la montée des eaux et à la salinisation des terres agricoles » précise Vincent Callebaut.

Les projets de l’architecte s’inspirent tous de la nature et Lilypad ne fait pas exception. Vincent Callebaut a convoqué pour son projet la plante qui présente la meilleure structure flottante au monde : la feuille de nénuphar géante Victoria Régia d’Amazonie. Sa forme concentrique et radiale permet d’avoir une grande plateforme flottante qui permet d ‘épouser les mouvements marins explique l’architecte. Le projet Lilypad ressemble donc à un spectaculaire nénuphar géant

 

 

Une ville amphibienne autosuffisante

Véritable ville amphibienne, Lilypad est conçue pour se développer aussi bien au-dessus de la surface de l’eau qu’en dessous. Logements, pôles d’affaires et de loisirs s’organisent autour d’un lagon central qui reçoit les eaux de pluie filtrées par des balcons potagers. C’est une ville flottante auto-suffisante et à énergie positive : c’est-à-dire qu’elle produit plus d’énergie qu’elle n ‘en consomme, qu’ils agisse d’énergie électrique, calorifique ou alimentaire . L’agriculture biologique est prévue pour produire toute l’alimentation dont les habitants nomades auront besoin.

 

Mais à qui appartiendra Lilypad ?

« Posée » en pleine mer, la question qui se pose est de savoir à quelles eaux territoriales la ville flottante Lilypad appartiendra. Pour son concepteur, c’est une ville nomade, vouée à être déplacée en off shore de la France vers les eaux internationales. « Il faut que le monde politique invente des nouveaux statuts pour ces migrants environnementaux que l’on va devoir déplacer pendant plusieurs mois d’un continent à l’autre. Ils seront plus ou moins 250 000 000 en 20150 ».

Alors utopiste ou visionnaire, il n’en reste pas moins que Vincent Callebaut et son agence d’architecture travaille depuis 2010 à la construction d’une tour de 50 000 m2, en forme d’ADN, à Tai Pei, capitale de Taiwan. Cette tour intègre toutes les règles du bio-climatisme, toutes les énergies renouvelables et sera plantée de plus de 25 000 arbres et arbustes. C’est pour l’architecte une manière de dire que l’on peut, dès à présent, mettre en oeuvre la transition énergétique vers une croissance verte.