La réglementation dans le domaine du bâtiment ne cesse de se multiplier et d’évoluer. Il peut parfois devenir difficile de rester à jour. Pourtant, respecter les Documents Techniques Unifiés également appelés DTU permet aux professionnels du bâtiment de suivre les règles de l’art et donc de livrer des ouvrages de qualité.

Il existe plus d’une centaine de DTU. Nous vous proposons un tour d’horizon des DTU applicables dans les secteurs du génie climatique, la menuiserie et dans la salle de bain.

 

I. Qu’est-ce qu’un DTU ?

 

Un Document Technique Unifié peut être comparé à un cahier des charges édictant les règles de l’art pour l’exécution des travaux du bâtiment. Il s’agit donc des normes et des règles de calcul ayant vocation à servir de référence concernant les techniques et les produits à employer pour chaque secteur du bâtiment.

Chaque DTU fait l’objet d’une validation par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment. D’ailleurs, depuis 1993, les DTU ont le statut de normes françaises ce qui explique la présence des initiales NF devant de nombreux intitulés : “NF DTU…”.

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Respecter les normes prévues par les DTU est une obligation pour les marchés de l’Etat et des collectivités locales. Par conséquent, l’application des DTU doit être prévue contractuellement dans tous les autres cas. Ils font alors partie des pièces du marché de travaux conclu entre le professionnel du bâtiment et son client.

Toutefois, les DTU sont les règles de référence auxquelles se rapportent les assureurs pour déterminer s’ils prennent ou non en charge l’indemnisation en cas de dommage mais aussi les tribunaux pour trancher les litiges.

Le respect des règles de l’art telles qu’établies par les DTU est donc primordial pour sécuriser le chantier tant d’un point de vue qualitatif qu’en termes de responsabilité professionnelle.

Afin de normaliser la conception de l’ouvrage et la mise en oeuvre des différents travaux, les informations techniques composant les DTU sont réparties dans trois documents :

  • le cahier des clauses techniques (CCT) qui précise les règles de l’art pour l’exécution des chantiers ;
  • le cahier des critères généraux de choix des matériaux (CGM) qui détermine les matériaux pouvant être utilisés pour la réalisation d’un certain type de travaux ;
  • le cahier des clauses administratives spéciales (CCS) qui formalise les obligations des différentes parties au contrat.

Il est à noter que bien que les documents techniques unifiés aient valeur de normes, ils n’en demeurent pas moins payants.

Vous savez désormais ce qu’est un DTU et à quel point son respect est essentiel. Voyons maintenant les DTU à connaître.

II. Quels sont les DTU à connaître ?

 

Il existe énormément de DTU différents et plusieurs documents techniques peuvent servir de référence pour un même chantier. Pour plus de lisibilité, nous avons regroupé les DTU en grands secteurs du bâtiment : le génie climatique, la menuiserie et les fenêtres et la salle de bain.

A. Le génie climatique

Tout d’abord, les travaux de fumisterie nécessitent de respecter de nombreuses normes pour la conception, la mise en oeuvre et l’exécution des travaux. Il s’agit en effet, d’un secteur où la sécurité des habitants peut être mise en jeu en cas de malfaçon notamment à cause d’une intoxication par les fumées.

Ainsi, le DTU 24.1 traite de la mise en place des conduits de fumée. Sont également visés dans ce DTU fumisterie les conduits de raccordement ainsi que les carneaux. Notons que le marquage CE sur les conduits de cheminée est désormais obligatoire.

Ce DTU s’applique aux appareils de chauffage tels que les poêles ou les cheminées et aux inserts mais aussi aux cuisinières, aux foyers à gaz et aux chaudières.
Le DTU 24.1 précise les règles de l’art en matière de ramonage. Différents contrôles doivent alors être effectués :

  • la pression ;
  • la résistance aux condensats ;
  • la résistance à la corrosion ;
  • la résistance au feu de cheminée ;
  • la distance de sécurité.

Pour ce dernier point, il s’agit de la distance minimale à respecter entre la surface externe du conduit de cheminée et les combustibles.

Au DTU cheminée et à la réglementation des conduits de cheminée est complété le DTU 24.2 qui régit les travaux d’âtrerie et notamment la mise en oeuvre des inserts ouverts ou fermés. Sont ainsi détaillés les règles à respecter pour le raccordement et pour éviter tout défaut démontage.

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Nous en venons alors aux questions de ventilation et aux normes applicables en la matière.

Depuis 2013, le DTU 68.3 est venu remplacé le DTU 68.1 applicable aux travaux de impliquant la mise en place d’une ventilation mécanique contrôlée plus connue sous le nom de VMC. Cette norme de référence s’applique aussi bien aux VMC simple à flux autoréglables qu’au VMC simple flux hygroréglables ou aux VMC à gaz.
Le document technique unifié ventilation (DTU ventilation) a pour objet la conception, le dimensionnement, la mise en oeuvre et la maintenance du système de ventilation mécanique. Il couvre donc l’ensemble du process en la matière.

Afin de répondre aux exigences DTU 68.1 en termes de performance énergétique, il est impératif de s’assurer de la parfaite étanchéité de l’installation.

D’autre part, en cas d’installation d’un générateur fonctionnant au gaz naturel dans un bâtiment à usage privé ou public, ce sera le DTU 61.1 qui aura vocation à s’appliquer. Révisé en 2010, ce document technique traite la conception et la mise en place du générateur. Il précise donc les étapes d’essais, les techniques de mise en gaz ainsi que les modalités de calcul et le dimensionnement des canalisations, conduits, etc. L’évacuation des combustibles et l’emplacement des différents équipements sont également prévus par le DTU 61.1.

Pour ce qui est du chauffage au sol à eau chaude, le document technique unifié de référence est le DTU 65.14. Son application est réservé aux chauffages au sol dont la température de l’eau n’excède pas 50°C. Il normalise la mise en place des tubes, l’enrobage et la mise en chauffe.
La mise en oeuvre d’un plancher chauffant nécessite de respecter de nombreuses autres normes (DTU plancher chauffant) telles que le DTU 21 pour l’exécution des travaux en béton, le DTU 13.3 pour les dallages ou le DTU 51.2 pour les parquets collés.

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Le chauffage peut également être assuré par une chaufferie aux gaz et aux hydrocarbures liquéfiés. Dans ce cas, le DTU 65.4 sera applicable dès lors que la puissance calorifique ne dépasse pas 70 kW. Le bloc de détente fait l’objet de nombreux développements car il est l’élément central de la sécurité du dispositif de chauffage.

Enfin, en matière d’électricité la norme de référence valant de DTU électricité est la norme française C 15-100. Seul le respect des conditions imposées par ce document technique permet la délivrance de l’attestation de conformité CONSENSUEL. Les équipements obligatoires sont :

  • un compteur électrique ;
  • un disjoncteur général ;
  • un tableau électrique ;
  • un disjoncteur différentiel ;
  • des fusibles ;
  • des conduits.

L’ensemble des pièces de la maison sont concernées. En 2016, les normes pour les pièces contenant une douche ou une baignoire ont été modifiées.

En matière de génie climatique, les DTU isolation revêt une importance particulière. C’est pourquoi le DTU 45.2 « Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires de -80°C à + 650°C » apporte des précisions quant au fonctionnement des installations tout comme pour le transfert et le stockage des fluides.

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Outre le génie climatique, d’autres secteurs du bâtiment sont concernés par les DTU. C’est notamment le cas de la menuiserie.

B. La menuiserie et les fenêtres

Vous retrouverez dans cette partie les DTU applicables aux travaux de menuiseries, de mise en oeuvre des fenêtres ainsi que les règles relatives aux bardages et aux revêtements.

Le DTU menuiserie réunit toutes les informations concernant la mise en oeuvre des menuiseries. Tous les types de matériaux entrent dans le champ d’application de ce document unique de référence. Il traite des installations neuves et des travaux de rénovation.
Les normes édictées visent une isolation thermique de qualité. Dès lors, le DTU pose de menuiserie est conforme au RT 2012.

L’ensemble des techniques de pose, les techniques de calfeutrement et les accessoires autorisés pour la fixation des menuiseries sont décrits dans le DTU 36.5 – Pose de menuiserie.

Notons que le DTU 36.1 a été annulé en 2010 afin d’être intégré au DTU 36.5 qui englobe désormais l’ensemble des règles applicables pour les portes et les fenêtres extérieures.

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Afin de compléter ces informations, un DTU 20.1 ayant pour objet les « Ouvrages en maçonnerie de petits éléments – Parois et murs » a été créé. Il traite des normes à appliquer pour la construction des murs qui ont vocation à accueillir des fenêtres, des portes ou des baies vitrées. Il rejoint les dispositions sur les techniques de calfeutrement du DTU 36.5.

De plus, le DTU 39.5 a pour objet l’installation de produits verriers et les travaux de miroiterie de manière générale. Il permet de déterminer l’épaisseur du vitrage à installer, sa composition et de choisir la garniture d’étanchéité. De même, le choix des cales est prévus par le DTU 39.5.

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Il convient de soulever un point important pour la pose de porte et de portail. En effet, l’installateur peut être considéré comme le fabricant dans certains cas. L’installation doit donc être conforme à la norme NF 13241-1 afin d’obtenir la certification CE.

D’autre part, il existe plusieurs DTU revêtements.

Pour l’usage extérieur, le DTU 42.1 « Réfection de façades en service par revêtements d’imperméabilité à base de polymères » régit les installations garantissant une imperméabilité à l’eau de pluie. Il a donc pour objectif de définir les techniques de mise en oeuvre des revêtements d’imperméabilité.

Concernant les bardages extérieurs, il convient de distinguer les bardages en bois des autres matériaux.

Le DTU principal en matière de bardage bois est le DTU 41.2. Il précise comment construire un bardage bois que ce soit le pare-pluie, la lame d’air, l’ossature secondaire ou la fixation des lames. Le DTU bardage bois doit garantir :

  • la fonctionnalité de l’installation ;
  • l’isolation thermique ;
  • la résistance aux agressions extérieures ;
  • l’esthétisme de la façade du bâtiment.

Les sujets tels que la présence d’aubier non traité, l’obligation d’un double tasseautage, les spécificités d’un bardage ajouré, etc. sont également abordés par le DTU 41.2.

Les bardages métalliques font l’objet d’autres documents techniques unifiés. En effet, les DTU 40.35, 40.36, 40.41, 40.44, 40.45 et 40.46 traitent des travaux de couvertures avec utilisation de matériaux métalliques.

Le revêtement des sols se fera quant à lui, le plus souvent par la pose d’un parquet. De manière générale, la pose de parquet est encadrée par le DTU 51.2. Sont concernées par ce document technique, la pose de parquet en plein et la pose de parquet au cordon.

De manière plus spécifique, le DTU 51.11 prévoit les règles de l’art en matière de pose de parquet flottant. Sont ainsi prévues les techniques applicables à la préparation du chantier et à la mise en oeuvre de ce type de parquet.

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Pour la pose de parquet en PVC collé, c’est le DTU 53.2 qui doit être respecté. Il présente les bonnes pratiques pour la pose de revêtement de sol en PVC collés ainsi que les exceptions. Par exemple, la pose libre ou tendue n’entre pas dans le champ d’application de ce DTU.

C. La salle de bain

Les travaux pour la construction ou la rénovation de la salle de bain n’échappent pas au champ d’application des DTU.

Le DTU 60.1 prévoit les normes générales pour la plomberie sanitaire et l’évacuation des eaux pluviales. Il détermine non seulement les règles de calcul mais aussi comment concevoir les réseaux en passant par la définition de la dimension des raccordements.

Le DTU 60.11 quant à lui prévoit de manière plus spécifique les techniques à utiliser pour la séparation des eaux usées et des eaux pluviales.

Toujours dans le domaine de l’assainissement, on trouve le DTU 65.1 qui traite des canalisations d’eau chaude ou froide sous pression et des canalisations d’évacuations des eaux usées et des eaux pluviales à l’intérieur des bâtiments. Il aborde notamment la compatibilité des différents matériaux et prévoit des dispositions particulières en fonction de la configuration des canalisations.

Les assainissements non collectifs c’est-à-dire les installations individuelles de traitement des eaux domestiques, sont quant à eux régis par le DTU 64.1. Il détermine le choix de l’installation, le dimensionnement, l’implantation ainsi que les dispositifs de traitement agréés.

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Autre point essentiel, la ventilation de la salle de bain. En effet, l’aération de la maison de manière générale est primordiale et la salle de bain en tant que pièce sujette à l’humidité doit faire l’objet d’une attention particulière. Il est possible de choisir entre une maison de plain pied et l’installation d’un vide sanitaire. Les DTU 65.10 et 60.1 s’appliquent alors et prévoient certains cas où la mise en place d’un vide sanitaire est obligatoire.
Le vide sanitaire permet d’assurer la durabilité et l’isolation thermique du bâtiment. Il permet également de lutter contre la présence de radon. Les DTU vide sanitaire précisent les règles de calculs de mesure de la ventilation.

Les travaux dans une salle de bain peuvent également concernés la pose de revêtements. La pose collée est de plus en plus préférée à la pose scellée par les professionnels du bâtiment. Cette technique est normalisée par le DTU 52.2 « Pose collée des revêtements céramiques et assimilés – pierres naturelles« .
Le DTU carrelage collé distingue les techniques de pose en fonction du support d’accueil : mur intérieur ou extérieur, sol intérieur et extérieur.

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De plus, il existe des règles spécifiques pour les installations électriques présentent dans une salle de bain. La norme NFC 15 100 divise la salle de bain en différents volumes en fonction du risque de projection d’eau. Chaque catégorie de volume doit respecter des normes particulières pour éviter tout risque d’électrocution.

Pour finir, il est important de préciser que l’accessibilité des WC dans les Établissements Recevants du Public (ERP) aux personnes à mobilité réduite (PMR) est régie par la loi du 11 février 2005. Cette réglementation précise la hauteur à laquelle chaque élément doit être installé (dévidoir à savon, cuvette, etc.) et la distance minimale qui doit être respectée pour permettre à une personne en fauteuil roulant de rentrer et de manœuvrer dans les sanitaires.

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Il existe donc une énorme quantité de DTU à connaître pour chaque secteur d’activité du bâtiment. Les professionnels doivent les respecter dans leur totalité pour garantir un travail de qualité à leurs clients mais aussi pour éviter de voir leur responsabilité mise en jeu.