Les différentes technologies du BIM et la modélisation des informations de construction

Le monde de la construction est en perpétuelle évolution technologique, tant dans la conception que dans la réalisation des projets. La CAO (conception assistée par ordinateur) et le travail en DAO (dessin assisté par ordinateur) sont largement employés dans les bureaux d’ingénierie des maîtres d’ouvrage et des architectes. L’arrivée du BIM, ou Building Information Modeling, devient un outil de communication fiable entre tous les corps de métiers du bâtiment.

Qu’est-ce que le BIM ? Derrière ces trois lettres se cache une véritable révolution d’engineering : la conception d’un projet partagé entre chaque intervenant. Cela signifie que chaque participant au projet, du dessinateur en passant par l’architecte et l’entreprise de construction, a accès à un fichier identique de modélisation des informations le concernant. Autrement dit, le BIM et sa technologie de pointe suppriment tous les plans intermédiaires et leur coordination obligatoire du début à la fin du chantier. Ainsi, un électricien travaille sur le même plan que le maître d’ouvrage. Les données affichées varient d’un utilisateur à l’autre, selon ses besoins.

Nous allons voir sur cette page, pourquoi les technologies liées au BIM représentent un intérêt dans la construction d’un parc immobilier et/ou de locaux d’entreprises.

Quelles sont les technologies liées au BIM ?-1

Les 4 technologies employées par le BIM

La conception d’une maquette ou d’un plan de construction nécessite plusieurs niveaux d’expertise. Chaque intervenant utilise habituellement ses propres logiciels professionnels suivant la mission qui est la sienne. Pour mieux comprendre cette nouvelle gestion des informations de construction d’un ouvrage, voyons quelles technologies sont regroupées au sein d’un projet en BIM.

1. Le dessin assisté par ordinateur (DAO) : le niveau 0 du BIM

Cet outil intervient lors de la création initiale du projet. Le dessinateur s’appuie sur les dessins de l’architecte et crée les premiers plans du projet. Aidé par des logiciels de DAO, il gagne ainsi en vitesse de création et en précision. Ces premiers dessins sont généralement imprimés et servent de base de travail aux autres ingénieurs, avant qu’ils n’entrent à leur tour leurs propres données qui vont alimenter le niveau 2 du BIM. Le DAO est principalement employé pour la création des murs, des cloisons et de la structure générale d’un bâtiment. Il ne tient pas encore compte des contraintes spécifiques à l’ouvrage.

2. La technologie BIM de niveau 1 : la conception assistée par ordinateur (CAO) 

La technologie BIM ajoute au précédent niveau, la conception assistée par ordinateur. La CAO diffère du DAO par l’intégration d’objets de modélisation dans la construction. Le concepteur analyse et vérifie, grâce à la simulation numérique, que la modélisation est correcte et qu’aucune erreur de calcul ne subsiste dans cette partie du projet de construction du bâtiment. La technologie de CAO aide à la mise en place des objets déjà normés, comme les portes, les fenêtres, ou tout autre élément de structure qui vient ainsi intégrer la partie précédemment conçue par le dessinateur en DAO.

Ce niveau 1 de technologie BIM permet de : 

  • vérifier la conception de base ; 
  • corriger les éventuelles erreurs ; 
  • préparer la maquette ou le plan pour l’étape suivante.

Il est à noter qu’à ce stade de la conception, le fichier BIM n’est ni partagé ni optimisé auprès des partenaires du projet. Il est tout d’abord validé par le responsable de projet (cabinet d’architecture, bureau d’ingénierie, maître d’ouvrage) et est transmis aux futurs intervenants. C’est ainsi que l’ensemble de ces éléments vont, à partir du niveau 2, intégrer réellement le projet BIM.

3. Le niveau 2 : vers la standardisation des éléments du projet BIM

Cette étape concerne les différents intervenants dans le projet de construction. Chacun reçoit le projet BIM en cours et y intègre ses propres éléments (plan électrique, conception de toiture ou de terrasse, informations sécurité, processus de construction, etc.). Ce niveau est vraiment le point de départ du BIM puisque chaque service d’ingénierie suit une procédure d’intégration comportant des normes et des recommandations. Les compétences sont donc ajoutées les unes aux autres et forment un projet global où chacun peut apporter ses propres informations et idées.

Il s’agit ici de mettre en place la véritable organisation du BIM :

  • informations standardisées ; 
  • ajout des données des cahiers de charges propres à chaque corps de métier ;
  • vérification des entrées intégrées suivant le protocole défini du BIM ;
  • intégration de la documentation annexe ;
  • création du format IFC (Industry Foundation Classes) pour le fichier global.

Le projet prend ici de l’ampleur puisqu’il devient interopérable entre le cabinet d’architecture, le maître d’ouvrage et les différents intervenants concernés par la construction du bâtiment. 

Le format IFC (Industry Foundation Classes) est un format de fichier informatique normalisé ISO 16739, dédié aux entreprises du bâtiment ainsi qu’aux cabinets d’architecture. Il a été créé conjointement par les fabricants de logiciels du bâtiment et les professionnels du secteur. Ce format permet de regrouper toutes les informations relatives à un chantier donné en un seul et même fichier accessible par toutes les entreprises présentes sur le projet. Le format IFC est devenu aujourd’hui le format d’échanges standard qui facilite ainsi : 

  • la collaboration entre les différents corps de métiers ;
  • l’enrichissement d’un projet de construction d’un bâtiment ; 
  • la consultation de documents et d’informations sur le projet en cours.

4. Niveau 3 : l’intégration du projet BIM au format IFC dans le cloud

Voici le dernier niveau du projet BIM : son intégration dans le cloud et la mise à disposition en ligne des données. Le partage du fichier au format IFC donne la possibilité à chaque intervenant, de consulter, de modifier et d’améliorer en temps réel la conception du bâtiment. Cette collaboration et la coordination numérique facilitent la gestion et le suivi du chantier par une mise à jour qui bénéficie à tous. 

Chaque corps de métier est donc automatiquement informé des modifications et des ajouts apportés, et peut à son tour intervenir sur le fichier BIM s’il le désire. 

Quelles sont les technologies liées au BIM ?-2

Aller plus loin avec le fichier BIM : le DRIM

Plus récente dans son utilisation, la technologie du DRIM ou Deconstruction and Recovery Information Modeling, est l’anticipation du sort réservé au bâtiment arrivé en fin de vie ou endommagé par un sinistre. Elle comprend : 

  • le recyclage des matériaux dans le cas d’une déconstruction ; 
  • l’impact environnemental à terme du bâtiment ; 
  • la revente des composants ;
  • le schéma du processus de reconstruction après sinistre ;
  • l’intégration de ce modèle dès la création du BIM.

La technologie du DRIM consiste donc à prévoir, dès le moment de la conception du BIM, les différentes étapes de déconstruction ou de réparation du bâtiment, dans un souci d’optimisation du chantier, de coordination des entreprises, de l’analyse du bâtiment dans son intégralité et non poste par poste.

Pour conclure, on peut donc affirmer que le modèle du BIM est une aide efficace à la décision, au chiffrage et à la construction d’un bâtiment. En mettant en commun les informations et les moyens des entreprises intervenantes, le BIM est l’évolution technologique que le monde du bâtiment attendait.

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